Vivre sans smartphone ~ Un hommage au silence dans un monde turbulent


Écrit par Leni Cellini

La merveille des Smartphones

Je dois l’admettre: cela peut être extrêmement pratique. Toutes les applications. Pouvoir lire ses mails de n’importe quel endroit. Ne plus jamais être perdu grâce au GPS. Avoir accès à toutes les musiques que l’on souhaite. Un appareil photo de haute qualité. Et j’en passe.

Et pourtant: je n’ai pas de smartphone, et pour le moment, je n’en veux pas vraiment. Il me semble qu’avec l’air du numérique et des nouvelles technologies, quelque chose de précieux est en train de se perdre. Tout le temps passé devant l’écran nous fait passer à côté de beaucoup de choses. Vous avez probablement vu un groupe d’adolescents assis dans le bus, tous collés à leur smartphone. Ou un couple au restaurant regardant leur écran plutôt que la personne en face d’eux. Pire encore, votre rendez-vous semble vouloir vérifier son téléphone toutes les cinq minutes. L’horreur !

Bien sûr cela n’impacte pas seulement nos relations, mais aussi nous-même. Le flux d’information continu nous empêche de nous reposer, même le soir si vous n’arrivez pas à vous endormir. Il devient de plus en plus difficile de simplement être sans stimulation extérieure. Nous ne supportons plus nous ennuyer. Nous ne supportons plus de ne rien faire. Chaque moment a besoin d’être rempli par quelque chose d’extérieur. De la musique, Facebook, WhatsApp, etc.

J’aimerais proposer l’inverse de cette overdose d’information et de communication, des sonneries et alertes sans fin. Mon expérience est qu’en l’absence de cette stimulation continue, en ne faisant rien, quelque chose de nouveau émerge. Discret et distinct. Lorsque que l’on s’arrête, que l’on se calme, nos idées deviennent plus claires, inspirées et sensibles. Et nous pouvons être plus disponibles et présents aux autres.

La merveille du silence

Et maintenant, permettez-moi de faire l’éloge du silence. Ce n’est pas une chose facile à faire. Il est difficile de le ressentir à travers les mots. Quelque chose d’essentiel semble toujours manquer. C’est aussi ce qu’exprime Bieke Vandekerckhove dans son merveilleux livre The Taste of Silence – How I Came to Be at Home With Myself (Le goût du silence – Comment j’ai appris à me sentir chez moi, livre non traduit en français). L’auteure écrit qu’il est difficile de mettre en mots l’effet du silence. Et que pourtant il est impossible de ne pas le ressentir. Elle écrit que le silence a quelque chose de précieux et de salutaire.

Je suis parfaitement d’accord avec cela. S’abandonner complètement au silence de temps à autre a complètement changé ma vie. Peut-être pas vraiment à l’extérieur mais à l’intérieur. J’ai beaucoup de gratitude pour tous les maîtres qui m’ont appris à apprivoiser et à apprécier le silence. Parmi eux Thich Nhat Hanh, Frank de Waele et Tara Brach. La manière qu’ils ont de m’apprendre à me recentrer avec le silence est infiniment précieuse.

Le documentaire parut récemment In Pursuit of Silence (À la poursuite du silence) souligne aussi l’importance du silence. Pendant presque une heure et demi, le film expose à quel point le bruit peut nuire à notre santé. Et à quel point le silence peut être bénéfique.

Même si les moments de silence peuvent être inconfortables, notre système nerveux semble en avoir grand besoin. Pas seulement en termes de décibels en moins mais aussi moins de stimuli visuel. Plus de modération en général. Un docteur Japonais a même démontré que le temps passé dans la nature peut prévenir et aider à guérir toutes sortes de maladies. Par exemple les problèmes cardiaques. C’est très impressionnant car nous ne sommes souvent pas conscients que les bruits visuels et auditifs présents en permanence dans notre environnement peuvent nuire à notre santé.

L’Art d’Être

Je dois l’admettre: il y a des chances que dans quelques années, ou même plus tôt, j’achète finalement un smartphone. Appareil photo, MP3 et téléphone en un. Magique! Malgré tout j’espère que je n’oublierai jamais de prendre le temps de ne rien faire. Ni répondre à des messages, ni chercher des informations, pas non plus partager des photos. Autoriser mon corps et mon esprit à faire une pause. S’arrêter. Simplement Être (avec une lettre majuscule). Et j’espère que beaucoup d’entre nous n’oublierons pas cet Art de l’Être.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *