Comment est-ce que Thich Nhat Hanh apaise quelqu’un qui est furieux ?


Thây a été capable d’avoir affaire avec succès à de nombreuses personnes qui s’était mises en colère contre Thây suite à de la jalousie ou à des perceptions erronées. Parfois, cela met beaucoup de temps pour qu’une personne se calme et se transforme. Ces personnes existent aussi dans le clergé et dans la société. La façon de s’y prendre de Thây est très simple: ne pas répondre, ne pas attaquer, et même ne pas expliquer. Il n’essaie pas de se justifier lui-même ou de faire quoi que ce soit parce qu’agir de la sorte pourrait amener l’autre personne à réagir avec colère. Contentez-vous d’être en silence.

Inspirez et expirez et acceptez, ne répondez pas, ne réagissez pas. Thây peut aussi faire mieux parce que quelques jours ou quelques mois plus tard, il peut écrire une lettre d’amour à la personne concernée. Il a fait cela plusieurs fois. On peut même écrire une lettre à quelqu’un qui nous a trahi et a causé de la souffrance en nous ou en la communauté, ou aider cette personne à moins souffrir. Quelquefois, cela met du temps pour que cette personne souffre moins et cesse d’être en colère, mais cela a toujours un effet.

Au Vietnam, nous avions un très beau centre de pratique en communauté qui s’appelait Bat Nha. Il y avait à peu près 400 monastiques qui pratiquaient là-bas. Ils généraient beaucoup d’énergie d’harmonie, de fraternité, et de paix. Il y avait tant de jeunes laïcs qui pratiquaient avec nous. C’était dans les montagnes, mais des fois, il y avait 5 000 jeunes pour des retraites de 5 ou 6 jours et ils vivaient une transformation. C’était un vrai mouvement avec des personnes enthousiastes. Mais dans un pays comme le Vietnam, qui n’a pas l’air sécuritaire, ceux qui dirigent le pays ont peur de quelque chose de trop fort. Ils ont peur de perdre le contrôle et donc, il y a eu une tentative visant à démanteler ce centre de pratique.

Nos jeunes moines et nos jeunes moniales ont essayé de résister avec compassion et non-violence pendant plus d’un an et demi. Finalement, il leur est devenu impossible de résister parce qu’on envoyait des personnes violentes au centre. Ces personnes brulaient et attaquaient. Elles ont coupé l’eau et l’électricité. Elles criaient. Elles s’organisaient par centaines pour casser et détruire. Nous avons du évacué cet endroit et nous sommes allés dans un temple de la région pour y prendre refuge, mais ils ont continué à nous opprimer si bien que nous avons du partir. Beaucoup de ces jeunes moines et moniales prennent à présent refuge en Thaïlande, en France, en Allemagne, et en Amérique.

Nous avons pu identifier ceux qui ont essayé de détruire notre centre. Thây leur a fait savoir par écrit que nous ne les haïssons pas parce qu’il se peut qu’ils aient été victimes de perceptions erronées qui ont peut-être suscité de la peur et de la colère. Nous avons des disciples de Thây au Vietnam qui leur ont envoyé des livre de Thây comme cadeaux. Il est possible de répondre à la violence par l’amour. C’est le chemin que nous suivons toujours en faisant usage de compassion et de compréhension.

Au cours de la période où Thây travaillait et organisait l’École de la Jeunesse et des Services Sociaux, nous avons formé des centaines de jeunes, laïcs et monastiques, à aller dans les milieux ruraux pour aider les victimes de guerre et les pauvres. Nous nous organisions en termes de santé, d’éducation, et de développement économique, afin d’améliorer la qualité de vie dans les milieux ruraux. Beaucoup d’entre nous ont été éliminés et tués au cours de ce temps de service pendant la guerre parce que nous ne voulions pas nous impliquer dans la guerre. Nous voulions accepter les deux camps; nous voulions la réconciliation et la paix plutôt que de continuer la guerre. C’est pour cela que nous étions victimes de la suppression par les deux camps, et nous répondions toujours avec compassion après qu’ils ont tué des nôtres. Nous avons organisé des funérailles et nous avons déclaré que nous ne détestions pas ceux qui nous ont tué parce que nous savons qu’ils sont victimes de perceptions erronées qui ont donné lieu à la peur et à la suspicion. Nous espérions qu’ils nous comprendraient mieux. Notre intention n’était pas de leur faire du mal, mais seulement d’aider les habitants des campagnes, les victimes de la guerre, les orphelins, et les gens pauvres.

Au début, la suppression et la violence ont continué. Mais par la suite, ces actions de suppression ont commencé à décroitre. C’est ce dont nous avons fait l’expérience au cours de la décade où nous avons pratiqué et servi qu Vietnam. Le livre de Soeur Chan Khong, La Force de l’Amour, raconte un certain nombre d’histoire à ce sujet. Vous pouvez aussi lire à ce propos dans mon livre, Le Novice: Une Histoire d’Amour Véritable.

Utiliser la compassion et la compréhension pour aller à la rencontre de la violence et de l’incompréhension est une bonne pratique qui peut donner lieu à des résultat si vous faites preuve d’assez de patience. Il y a des agents de police qui sont venus à nos retraite en Thaïlande et même au Village des Pruniers pour pratiquer. C’est une victoire pour les deux, pour nous, et pour eux.

Transcrit (en anglais) à partir d’une session de Q&R avec Thây pendant la Retraite d’Été en 2011.

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